Edito

Hugues Ratsiferana, Directeur général de l’AMDP

Depuis son indépendance, l’île de Madagascar vit un paradoxe. Malgré des ressources naturelles exceptionnelles et de formidables atouts qui pourraient structurer une économie solide, diversifiée et créatrice de richesses, Madagascar reste un pays confronté à la pauvreté.

En effet, des lacunes structurelles pénalisent le pays : vulnérabilité de l’économie face aux chocs extérieurs, insuffisance des infrastructures, atomisation du marché intérieur, déficience des capacités de financement, faiblesse du secteur privé, persistance d’une agriculture de subsistance…

Faut-il pour autant abandonner la partie et s’en remettre uniquement à la générosité des bailleurs et de la communauté internationale ? Non. L’île de Madagascar doit trouver sa propre voie de développement en accord avec sa population, en harmonie avec sa culture, en synergie avec des partenaires fiables et équitables, et en cohérence avec ses atouts.

Les réserves pétrolières et minières du pays attirent des groupes internationaux de renom. L’écosystème naturel, composé notamment d’essences de plantes endogènes uniques au monde, constitue un trésor végétal sans égal. La diversité des climats et une terre généreuse ont de quoi transformer l’île en un abondant grenier.

Ces atouts malgaches sont connus, identifiés, documentés. Il convient à présent de les exploiter durablement pour améliorer les conditions de vie de la population. Il n’y pas de fatalité. Madagascar doit créer de la « valeur pour tous » et transformer sur place son « pactole naturel ».

Telle est la vocation de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises (AMDP) qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de « lutter contre la pauvreté grâce à une croissance inclusive », dans le cadre du Programme général de l’État (PGE) et du Plan national de développement 2015 – 2019 (PND). Sous l’impulsion du Chef de l’État, SEM Hery Rajaonarimampianina, cette stratégie repose sur trois piliers : améliorer la gouvernance, favoriser la relance économique et élargir l’accès aux services sociaux de base.

Pour appuyer cette politique, l’Agence va identifier des projets territoriaux ainsi que des projets d’entreprises et les structurer pour ensuite mobiliser des financements et attirer des partenaires au sein de l’espace économique francophone. L’objectif est de donner de la vigueur au secteur privé malgache et de fédérer les forces vives de la Nation. Les trois secteurs prioritaires retenus (agro-industrie, services et énergie verte) ne doivent rien au hasard. Ils constituent les piliers et des leviers de l’économie nationale.

Pour mettre un terme au paradoxe malgache.

C’est pourquoi, je me félicite de la création de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises (AMDP). Fruit d’une collaboration entre entités francophones et malgaches, la mise en route de cette Agence témoigne des valeurs de solidarité au sein de la francophonie et augure positivement des synergies qui y seront exploitées.

Par l’intermédiaire de projets économiques structurants que l’AMDP est amenée à réaliser en exploitant les ressources des pays, des entreprises et des investisseurs de l’espace francophone, l’objectif est d’œuvrer pour briser le cercle vicieux du sous-développement et de mettre Madagascar sur les rails d’une croissance partagée et d’un développement responsable.