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Août 02

CADI 3, VECTEUR D’UN DÉVELOPPEMENT INCLUSIF

On a pu ressentir la volonté des Cadiens à apporter le développement dans leurs localités d’origine au cours de cette journée du 31 juillet, durant laquelle ces derniers sont passés un à un devant l’auditoire pour présenter leurs projets, aussi variés qu’innovants.

En effet, une grande partie de cette trentaine de jeunes qui constituent la troisième promotion du Centre d’Application de Développement Intégré (CADI) ou Kitro Ifaharan’ny Asa sy ny Dingana Iombonana (KIADY), est originaire du sud du pays. José veut prouver que la situation qui y prévaut n’est pas une fatalité : « On dit que les gens du sud sont des dahalo […] je viens de Betroka, et je suis devant vous, aujourd’hui, bien habillé, en train de vous présenter mon projet », avance-t-il fièrement. « Je me suis lancé dans ce projet afin que les habitants de ma localité puissent également en profiter », explique Omega, originaire de Tuléar.

Ceci, entre autre, laisse espérer qu’on avance peut-être enfin vers l’éradication de l’insécurité (tant physique qu’alimentaire) par la création d’emploi (par l’entrepreneuriat), notamment dans cette région de Madagascar. « C’est en appuyant aussi les régions les plus reculées à travers le territoire, comme c’est le cas ici, que l’on peut avancer vers un véritable développement inclusif », se réjouit l’un des membres de l’assistance.

Certaines de ces présentations, qui se sont tenues en malagasy n’ont pas manqué de marquer les esprits et de soulever une vague d’espoir et de motivation. Car le « pitch », qui est une brève présentation du projet par son promoteur, n’a rien d’une soutenance de thèse. (D’ailleurs, les niveaux des Cadiens varient du baccalauréat au doctorat). Ce qui importe, c’est de savoir « vendre » son projet, comme l’explique Jacques Rakotoson, Directeur du CADI. L’objectif est de convaincre les partenaires potentiels de travailler ensemble dans sa réalisation. (Les partenaires peuvent être financiers, techniques, fournisseurs, distributeurs, etc.). Parce que « la meilleure des sécurités, c’est d’être ensemble ».

On a également pu ressentir cette même envie de développement, cette même fierté d’appartenir à une région, à une nation, à travers le « pitch » de chacun des Cadiens, qui ont connu une transformation considérable (passant pour certains, de simples agriculteurs à véritables entrepreneurs) durant ces trois mois de formation à l’entrepreneuriat.

La prochaine étape pour ces jeunes promoteurs est la phase d’incubation, au sein de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion d’entreprises (AMDP). Ils bénéficieront d’un accompagnement personnalisé selon les besoins spécifiques de leurs projets dans les premiers mois de réalisation. Plus concrètement, il peut s’agir de la mise à disposition d’un réseau de partenaires financiers, fonciers, institutionnels, publiques ou privés. Ceci, toujours dans une approche orientée marché.

Par ailleurs, le CADI travaille également avec l’Université d’Antanarivo et l’Université de Toamasina sur le volet scientifique.